Mercredi 19 août 2009
04 septembre, France.

En faisant du rangement, j'ai trouvé mes derniers mots écrits de l'autre côté de l'Atlantique, griffonnés à la main sur un cahier tandis que j'étais en transit à Atlanta (10 heures d'attente entre mon Birmingham-Atlanta et Atlanta-Paris)... Ca valait bien de compléter ce post (voir plus bas, à la suite des photos).



19 août, France.

Les derniers moments et ensuite le retour m'ont laissée bien silencieuse... Une fin quelque peu abrupte pour une aventure américaine qui a été, au final, bien belle ! Quelques photos de fin, alors, pour clôturer la page alabamienne.

Pas de récit, car plusieurs mois après le retour, même si les souvenirs sont là, le ton ne serait peut-être plus le même.
See yall* soon on that blog

Lili

* yall -- contraction de "you all" est une expression parfaitement sudiste, voire méprisée des citadins et gens du nord des USA.

  








































  































"Atlanta, le 9 mai 2009.

Puisque tout a commencé dans un "airport", il y a neuf mois, laissons tout cela se terminer dans un aéroport, "as well"... Laissons les mots anglais-fraçais voler à la surface du papier, jouer avec les sentiments et les souvenirs et contenir les larmes...

Se dire qu'on ne ferme des portes que pour en ouvrir de plus belles, vers des avenirs encore plus riches. Comment se peut-il que ce soit moi qui soit cette fois sur le départ? Comment se peut-il que cette fois, je ne sois pas assignée à rester avec les ghosts du dorm déserté - ou leurs réincarnations en souris et cafards - et que je sois là, deux bagages pour compagnons (mon ordinateur, mon vaste sac à main) entre deux terminaux, entre deux avions, trois heures de sommeil derrière moi et une déchirure au coin du ventre. Celle de laisser l'Alabama, ses visages, ses voix, ses couleurs, ses arbres, ses odeurs. Ironique coïncidence, hasard, coup du sort (?) que de me faire passer 10 heures de transit dans un aéroport... moi qui aime tellement les lieux de passage, gares de train, de bus, aires d'autoroute et aéroports... un entre-deux rives (celles de l'océan Atlantique) qui me va bien, finalement. Une douce acclimatation au retour ? Non, de base, ce sera brutal. De retrouver mes mots, ma langue française adorée et de perdre cet anglais aimé; de voir les gens, leurs changements, de me refaire une place. Moi qui ne me suis jamais sentie de quelque part en particulier, je m'étais trouvée mes racines, françaises vraiment, et cette générale et vague dénomination me convenait parfaitement. J'ai aimé ce statut d'expatriée. Je m'y sens bien et veux le garder! 9 mois putain. 9 mois. Si vite filés, envolés, disparus, plus à vivre! Mais vécus, aimés, détestés, adorés... 9 mois passionnels. À 20 ans. 18 ans, je pars de chez mes parents. 20 ans je m'en vais vivre les USA de Barack Obama. Bordel, mais comment ce peut-il être déjà fini? Comment ce petit monde qui fut égoïstement le mien et seulement mien - car personne n'en a partagé les visages et les voix, et que sont les photos figées face à un ressenti présent pour des gens complètement en dehors de ça? - peut-il aussi vite se déliter?

Les heures passées à blablater en français, à assassiner par mot les compatriotes amerloques, celles passées à savourer notre vie et mes facilités américaines, nos fous rires d'expat', nos meilleurs moments en anglais. Les élections, les soirées folles, les plaisirs simples, le temps simplement. J'ai été heureuse en Amérique. Et si le manque de la France est criant, et si le manque des amis est douloureux, et si le manque de la famille ne se tait jamais, et si la solitude est grande, et si les luttes pour tout sont constantes! il n'en demeure pas moins que l'expérience est lumineuse, brillante, heureuse. Happiness.

Et quelles sont les traces que l'on laisse? Et quelles sont les souvenirs qui restent? Et comment est-ce que l'on sait si l'on a dépassé le blabla superficiel pour marquer les gens?
En guise d'adieux, Daniel a pleuré, Alan&Carolyn m'ont appelé une dernière fois, j'ai huggé Warren et Yurie, Ginger est passée, Vince est venu tardivement discuter et Jessica était là, comme toujours. Ce n'est qu'un au-revoir à mes loulous européens mais comment ne pas s'interroger sur la solidité des amitiés expatriées... c'est toujours difficile de prévoir, n'est-ce pas?

J'ai appris le BONHEUR encore mieux aux USA. J'ai contemplé l'infini du haut du Golden Gate Bridge, je me suis mis New York dans la tête et les îeds, j'ai été comblée d'affection à Mobile, j'ai découvert de jolis endroits, des rencontres fortes. Le tout en anglais. Magie et rêve réalisé. Mais jamais, je crois, je n'avais vu une année filer aussi vite. Et j'écris, et je me répète, et je suis auto-centrée... c'est le remède par les mots à mes maux de ventre. À cet au-revoir l'Amérique. J'ai pourtant rêvé (tellement!) de mon retour en France. Je me surprends (maintenant!) à vouloir le repousser, à vouloir vivre, un peu plus*mon*american*dream* :) Peace and love. Peut-être ne le comprend-on jamais vraiment qu'en venant ici. Cet état de paix intérieure, de satisfaction intense et plaisir du quotidien. Les frustrations vont et viennent (back-and-force)mais pour ces instants vécus de totale sérénité, c'est simplement: merveilleux.

=> Atlanta Airport, 12:04 pm ET. Il est 11:04 en Alabama. Il est 18:04 heure française."
Par lili
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Lundi 4 mai 2009

C'est un peu comme à Fort Boyard. Jusqu'au dernier moment, on ne sait pas si le candidat va sortir à temps avec la clé... et finalement, pile avant que le sablier ne laisse s'écouler tout le liquide bleuâtre, ou que la grille ne descende et "Félindra-tête de tigres!" les fasse sortir... ben tout le monde il sort sain et sauf. 

Maintenant appliquez le concept à la Tuscalife version night. Moi aussi jusqu'aux derniers mois, le terme de "bar" m'était devenu inconnu, la notion de "se coucher tard" n'était synonyme que de travail nocturne et le monde de la nuit était une abstraction parfaite seulement accessible par une ID qui indiquerait l'âge magique américain - 21 ans... et depuis le mois d'avril ô joie ô magie! j'ai triomphé, enfin disons j'ai vieilli et me voici accepté dans le monde des djeuns américains et de leurs bars euphoriques (là je suis dans l'hyperbole ne vous méprenez pas).

Donc comme quoi il y a de l'espoir... Comme quoi oui,  même en Amérique, même en Alabama, même à Tuscaloosa, il est possible de croire au concept de "vie sociale"... ç'aurait été con de rater ça... Ou COMMENT AIMER TUSCALOOSA.

Petit mémo au cas où j'ai un Guide du Routard-Tuscaloosa à écrire un jour:

[les légendes des photos apparaissent quand vous passez la souris dessus]
[impossible de télécharger certaines photos d'ambiance pourtant bien jolies, désolée]

Innisfree. Grand pub à la déco de bois avec terrasse, musique très forte, à mi-chemin entre le campus et le Strip. C'est là où j'ai fini ma soirée d'anniversaire. Element notable: que des dudes en polo ou t-shirts couleurs vives avec ces bermudas ou pantalons beige affreux. Beaucoup trop de casquettes et de big guys américains. Big guys américains: pas "gros" mais "regular american size", grand et costaud quoi. Pas forcément musclé mais large, imposant. Vous ai-je déjà dit que les grands mecs fins sont une vraie minorité ici? Bon pour les iutiens qui voudraient une vraie comparaison, disons que les Hervé sont une race en disparition tandis que les Mathieu sont les hot guys du lieu. C'est simple non ? Et puis Innisfree, c'est aussi le bar des frat', des mecs issus des Fraternités, ces fils de riches qui vivent dans des belles maisons, font la fête et se prennent pour les rois du monde, ou du moins pour l'espèce supérieure du campus. L'ambiance n'en est cependant pour le moins pas déplaisante, mais pour y avoir débarqué le soir de mes 21 ans avec Warren et me rendre compte qu'il était le SEUL mec black du lieu, c'est tout de même déroutant. J'y suis retourné une deuxième fois avec Daniel, ses potes, Alex et Gabriele... mais pour y retrouver Jessica, Drew et leurs potes, ainsi que John et ses potes. Le monde est petit.

Little Willies. THE best place in town, à mon sens. Un bar plus cosy, avec la musique trop forte encore une fois mais c'est du jazz, donc c'est supportable - si tant est que le son ne sature pas, ce qui était parfois le cas la fois où je m'y suis rendu. Le jeudi soir, 3 dollars de "cover" (l'entrée) et ensuite les bouteilles de vin sont à moitié prix. Et croyez-moi, trouvez un bar qui ne serve pas que de la bière, c'est difficile. Et... j'aime PAS la bière. Le soir où nous y sommes allés, j'avais réussi un coup de maître dans l'organisation, puisque j'avais réussi à rassembler Alex, Gabriele, Gavin (qui servait aussi de chauffeur), Alex, un pote qui bosse avec moi à la télé, et Jessica. Et sur place, j'ai eu droit à un "hug" de Dave, qui bosse aussi à la télé et qui se trouvait là avec girlfriend&co. 
Le tout sur les coups de 23h et jusqu'à deux heures du mat'. Sans rien payer, puisque Gavin m'a offert la "cover" et a payé la première bouteille de vin. Une bien agréable soirée.

1831. Downtown aussi. Le chiffre correspond à l'année de création de l'université. C'est un bar étroit, avec peu de tables et un comptoir, d'apparence un peu plus routière et crados que les deux précédents. J'y ai rencontré ceux que les Américains appelles des "red necks" (nous on dirait classe popu un peu casos). Le seul atout de ce bar, c'est q ue mon pote John y chante.... et il chante bien, mais à part ça, euh... on repassera pour le lieu.

Tammerson's pub. Situé à côté du précédent, d'ailleurs j'ai fait les deux dans la même soirée. L'un c'était pour aller voir John jouer, l'autre pour échapper aux casos du précédent et aller discuter ciné avec Vince, avenir avec Drew et siroter une vodka-orange avec Jessica. Vaste pub assez sombre avec billards et mini-scènes pour concert. Ne pas oublier de prendre sa veste pour quand on est à l'INTERIEUR. Hé oui, l'été est de retour et avec lui, mon combat contre la clim.

 








Downtown pub.
Comme son nom l'indique, il est aussi downtown. Grand, plutôt très peuplé et pas seulement d'étudiants, avec billards, télés, et ambiance sonore un peu trop forte. Les bières sont pas chères, mes compagnons de sortie sont donc généralement enchantés de cet endroit. Moi je n'aime pas.
Nous y étions mardi dernier. Alex et Gabriele avaient assisté à la projection de documentaires réalisés par des étudiants avec Daniel (non mais les loulous européens, dites moi si vous avez besoin d'amis, hein, je vous présenterai les miens!) tandis que je couvrais la-dite projection pour la télé locale avec l'autre Alex. On s'est ensuite tous retrouvés dans ce pub, avec les équipes étudiantes des documentaires. Et un troisième pote Alex, était là aussi. C'était bien jusqu'à ce que je sois fatiguée de regarder les autres boire de la bière tandis que mon lit me manquait... Daniel étant à mon sens trop bourré pour conduire, je me suis faite ramenée par mon amie Ginger, retrouvée sur place.
  

Oui, comme vous voyez, Tuscaloosa est PETIT donc c'est comme d'aller à Carrouf à Anglet: on y croise tout le temps quelqu'un que l'on connaît.

Par lili
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Vendredi 24 avril 2009

LE GOÛT DU CRICKET

MOBILE, Alabama.

C'était il y a deux semaines: Pâques, son chocolat, ses cloches... enfin non, pas ses cloches d'ailleurs, son lapin! Car en Amérique, ce ne sont pas les cloches qui apportent les oeufs, mais Easter Bunny (traduction toute simple: lapin de Pâques). Tant qu'on y est, autant vous dire aussi que ce n'est pas la petite souris qui s'occupent des dents des enfants, ce sont des fées. Et rappelez-vous les cours d'anglais, le coq ne fait pas cocorico mais kokeeri kedoooo, et les vaches ne font pas meuh mais un autre son, beaucoup moins drôle que notre diphtongue si l'on en croit les américains. Aïe cette introduction ressemble à Lisa à la ferme, ce n'était pourtant pas le sujet. J'aborderai les crickets un peu plus tard. Reprenons.

Il y a deux semaines donc, c'était Pâques, nous n'avions pas cours le Vendredi Saint et Leslie et moi avons donc été, sur son invitation, passé le weekend de Pâques à Mobile, Alabama. Sur la côte. Là où est potentiellement prévue une usine Airbus. Certainement un des plus jolis endroits de l'Alabama.

Le downtown, très southern style, ressemble un peu à la Nouvelle-Orléans, un peu à Memphis. Mobile a d'abord été fondée par des français d'ailleurs -- ce qui explique la ressemblance avec la Nouvelle-Orléans. Je le sais parce que Mark, le papa de Jessica, nous a fait nous arrêter à toutes les plaques commémoratives indiquant le passage d'un français.

Ce fut donc un weekend tout doux, familial même! Quatuor insolite: Mark le papa, bourlingueur, qui travaille dans une compagnie marine mais je n'ai pas bien compris ce qu'il y fait exactement. Jessica, toujours aussi douce, agréable, rigolote. Et Maggie, le chien, ou espèce de caniche à tête écrasée, plutôt mignonne et pas trop encombrante, si l'on excepte le fait que je n'aime pas les chiens de base, qu'elle grogne dès qu'une porte bouge, et qu'il y a un risque qu'elle aille pisser sur votre lit si jamais elle s'avérait avoir qqch à vous reprocher. Mais Maggie a ses épouvantails à elle: ce sont les balais. Chaque nuit et en cas d'absence, il faut mettre un balai devant la porte de la chambre fermée, et Maggie ne viendra pas. Ouf, rassurées.

Pour faire un résumé simple de ces trois jours : parties jeudi vers 16h dans une voiture pleine à craquer -- à croire que Jessica déménageait -- nous sommes arrivées vers 19h30 chez elle. Ce fut "pizzas" au dîner et à la vérité, mes premières vraies pizzas américaines, avec la pâte épaisse comme j'aime ; j'étais affamée, cela était donc parfait. Leslie et moi partagions la chambre, et avec Jessica, nous avions tout le rez-de-chaussée pour nous. Le papa est à l'étage.

Le lendemain matin, Mark nous concocte un vrai petit déjà américain: blueberry pancakes avec sirop d'érable et bacon grillés. Vu mon affection pour les breakfasts en général, ceux sucrés-salés anglais en particulier, je dois reconnaître que la version américaine est un délice, tout simplement. Et en extérieur, dans le jardin de derrière "the back yard" en plus. Joli matin.

Nous sommes ensuite allées à Orange Beach et Gulf Shore nous balader. Nous avons fait quelques boutiques, et ensuite nous avons marché le long des plages de sable très blanc. C'était l'Atlantique mais de l'autre côté. Jessica nous a ensuite amenées dans un bar-resto ambiance surf "The Hang Out" (littéralement: "là où on traîne") où nous avons eu du typiquement "southern dish": cornichons géants frits en apéro (fried pickles), et soupe et coleslaw.

Nous sommes rentrés vers 16h30 à Mobile, et après une balade dans la voisinnage pour faire prendre l'air à Maggie, nous nous sommes bus un café dans le jardin. Comme les Américains du sud dînent TÔT, Leslie et moi nous sommes pliées aux traditions locales, et à 18h30, nous sortions dans le downtown. Mark nous a toutes invitées chez Mikael, un ami d'enfance restaurateur. Menu complet: salade de poire, noix et bleu en entrée. Raviolis aux champignons en plat. Et alors que je refusais déjà le dessert, un cheesecake coulis de fruits rouges s'est présenté. Le problème du cheesecake, c'est que c'est tout à fait immangeable en dessert vu que c'est aussi riche que trois déjeuners. M'enfin, à trois, nous l'avons tout de même assez bien entamé.
Et c'est dans ce petit bistrot discret, après avoir pris commande mais avant les entrées, que nous avons eu une découverte culinaire venue du Mexique (les patrons en avaient ramené de leurs récentes vacances) pour le moins insolite en guise d'apéritif: des petites formes noires, fines et allongées... des CRIQUETS! Mark n'a même pas détesté ces protéines; Leslie n'a pas voulu y toucher; Jessica et moi avons fait "à trois, un-deux-trois" avalés! Verdict: goût poivré et légèrement fumé... je suis prête pour Koh Lanta. J'ai mangé un criquet.

Nous nous sommes baladés dans les rues ensuite, toutes éclairées qu'elles étaient pour une "nuit artistique" avec des expositions ouvertes en nocturne (enfin gentil le nocturne, 21hOO tout est fini!). Mark nous a ensuite ramenées, il était fatigué. Mais Jessica, Leslie et moi avons d'abord continué la soirée sous le porche, buvant un verre de vin rouge en discutant sur la balancelle (tellement cliché la balancelle sous le porche mais tellement bien!!) puis sommes repartis en centre-ville. Nous avons repris un peu de vin en terrasse, avec John, un pote de Tuscaloosa natif de Mobile, et son ami Daniel. Agréable soirée!

Le samedi, pas de pancakes mais qu'à cela ne tienne: Jessica part en expédition nous chercher des beignets tout chauds, dans la bonne lignée du Café du Monde de la Nouvelle-Orléans. Histoire de commencer la journée de manière caloriquement satisfaisante, n'est-ce pas.

Nous consacrons les heures suivantes à la visite du Bellingrath Garden, un vaste jardin botanique dans un beau domaine -- anciennement la propriété privée de deux collectionneurs. Et comme dans les légendes, pas d'héritiers, donc don à la ville et tout le monde il y en profite ! Le temps était magnifique et encore une fois, Mark nous a sorti la totale (entendu du point de vue du portefeuille) : nous avons aussi droit à la promenade en bateau de quarante-cinq minutes, avec possibilité de nourrir les mouettes et optionnellement d'écouter le commentaire sur l'histoire du lieu (mais c'est moins fun que de nourrir les zoizeaux, n'est-ce pas?).

Réflexion de Leslie faite quelque temps plus tard: "pourquoi dit-on bavard comme une pie? c'est plutôt bavard comme une mouette qu'il faudrait dire!"

Quand nous sommes rentrés, nous avons retrouvé nos presques-habitudes: la balade avec Maggie puis la langueur douce et printanière sur la balancelle du porche. Jessica et Mark nous ont sorti l'apéro : vin blanc, saumon et brie sur petits crackers. Le bonheur apéritoire à l'américaine. Nous étions bien!



Bon le dîner qui a suivi a d'abord suscité une grimace chez moi: il y avait des couverts de fête, des odeurs élaborées mais... des artichauts en entrée ! Et ça non, même avec les meilleurs efforts du monde, je ne peux pas.
C'était un mal pour un bien cependant car ce qui suivait était de taille: un petit poulet CHACUN avec asperges et carottes. Et OUI j'ai mangé les asperges, et sans grimace aucune (j'avais déjà grillé mon joker sur l'artichaut, j'allais pas en plus faire la fine bouche sur les asperges!). C'était fin et très bon.

Pour le dessert, Jessica nous a emmenées dans une ice-cream factory. Puis dans un coffee-shop. Consommations comprises à chaque fois, je crois que mon estomac s'est détendu de façon alarmante ce weekend-là. Puis downtown. Où ce fut toute une histoire pour guider Jessica dans la douloureuse et laborieuse tentative de faire un créneau. Mais la voiture, le trottoir, les voitures déjà garées, les passagers et la conductrice se portent bien mesdames messieurs. Il y a donc de l'espoir pour les femmes américaines au volant. Après un verre de vin et une petite marche dans la rue, nous sommes rentrés, Leslie ne pouvant pas entrer dans le bar où nous attendaient pourtant John et ses amis. Je crois que nous avions cependant toutes un peu la flemme de sortir. Notre soirée entre filles était tout aussi bien.

Easter Bunny est passé le dimanche : chacune avait un panier de chocolats derrière sa porte, et même que Maggie n'avait pas encore eu le temps de venir les renifler! La spécialité petit-déjeuner du jour fut: le gritz! Typiquement southern, même que ma coloc Courtney en fait, les rares fois où elle décide de dégueulasser la cuisine. Donc le gritz, c'est une espèce de semoule collante sans trop de gout, avec un oeuf dedans et du parmesan. Et des "biscuits", sorte de mini-brioches au cornbread l'accompagne. Nous étions donc parés ensuite pour... la messe de Pâques. Expérience: les gens ne s'habillent pas mieux pour un mariage, c'est certain! Les grands chapeaux, les robes colorés et les costumes étaient de sortie. Je suis sûre que Marc, en costume rayé blanc,  était très fier de se balader ainsi avec trois jeunes nanas toutes assez distinguées. Bon on passera sur l'état de mes talons et sur le fait que ni Leslie ni moi n'avions vraiment prévu qqch d'aussi classe que la population locale ah ah. Sur la messe en elle-même, rien de très novateur, un long sermon, un joli chant d'enfants avec lâcher de papillons à la fin et une cérémonie somme toute assez proche des offices catholiques (nous étions chez les protestants Methodists).

Nous sommes ensuite rentrés nous changer, avons chargé la voiture... Puis sommes allées passer le déjeuner chez la tante de Jessica. Il y avait toute la famille, et un grand buffet de bouffe homemade et southern. Même que prévenue de mes addictions américaines, la tante avait fait double ration de cornbread (je suis repartie avec les restes d'ailleurs!). Les ados ont aussi caché les oeufs dans le jardin, les petits les ont cherchés. Un des oeufs contenait un billet de cinq dollars et il était tout doré. Il fallait voir la fierté du gamin qui a déniché ledit oeuf d'or.

Quelque temps plus tard, nous partions, la pluie nous accueillant à notre retour à Tuscaloosa.



VOUS AVEZ DIT FOUTRAQUE ?

Nouvelle-Orléans, Louisiane.

C'était le weekend dernier. Récit en vrac et en bref, car ces trois jours (j'ai séché les cours du vendredi) ne me laissent pas un bon souvenir : nous étions Leslie, Loic, Alex et moi. Voiture louée. Attentes différentes, clash des caractères, exaspérations, crispations des énergies. Ce fut pénible.

Mais quelques plaisirs: nous étions, Leslie et moi, logées chez Kathleen, la cinquantaine passée. Je l'avais rencontrée une seule fois, dans la navette de l'aéroport de Washington DC ! En contact par mail depuis, Leslie et moi avons joué les aventurières SDF et sommes allées poser bagages chez elle pour deux nuits. Les mecs, eux, étaient chez un ami d'Alex.
Papotages de filles, petit foyer choyé, jogging du samedi matin le long du Mississippi. Un accueil parfaitement chaleureux!



La ville est toujours aussi colorée, vive et charmante. Les beignets du Café du Monde sont toujours aussi gourmands, les pâtisseries et quiches du Croissant d'Or, la boulangerie française, toujours aussi délicieux. En nous asseyant là-bas en fin de matinée dimanche, je tique quand j'entends une mélodie singulière... le jingle d'Auchan ! Je force l'écoute, Leslie de même: ils diffusaient Chérie FM! Incroyable.

En nous promenant dans la ville surpeuplée de partout samedi (c'était French Quarter Festival avec musique dans les rues), nous tombons par hasard sur Ian, avec qui nous étions sortis la première fois! Heureuse coïncidence, d'autant plus quand on sait que finalement, nous n'avons pas pu nous re-rejoindre pour aller tous ensemble boire un verre.

NOTE: Impossible jusqu'à présent de mettre en ligne les petites vidéos et les autres photos... mais j'y travaille !

Par lili
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