Lundi 4 mai 2009

C'est un peu comme à Fort Boyard. Jusqu'au dernier moment, on ne sait pas si le candidat va sortir à temps avec la clé... et finalement, pile avant que le sablier ne laisse s'écouler tout le liquide bleuâtre, ou que la grille ne descende et "Félindra-tête de tigres!" les fasse sortir... ben tout le monde il sort sain et sauf. 

Maintenant appliquez le concept à la Tuscalife version night. Moi aussi jusqu'aux derniers mois, le terme de "bar" m'était devenu inconnu, la notion de "se coucher tard" n'était synonyme que de travail nocturne et le monde de la nuit était une abstraction parfaite seulement accessible par une ID qui indiquerait l'âge magique américain - 21 ans... et depuis le mois d'avril ô joie ô magie! j'ai triomphé, enfin disons j'ai vieilli et me voici accepté dans le monde des djeuns américains et de leurs bars euphoriques (là je suis dans l'hyperbole ne vous méprenez pas).

Donc comme quoi il y a de l'espoir... Comme quoi oui,  même en Amérique, même en Alabama, même à Tuscaloosa, il est possible de croire au concept de "vie sociale"... ç'aurait été con de rater ça... Ou COMMENT AIMER TUSCALOOSA.

Petit mémo au cas où j'ai un Guide du Routard-Tuscaloosa à écrire un jour:

[les légendes des photos apparaissent quand vous passez la souris dessus]
[impossible de télécharger certaines photos d'ambiance pourtant bien jolies, désolée]

Innisfree. Grand pub à la déco de bois avec terrasse, musique très forte, à mi-chemin entre le campus et le Strip. C'est là où j'ai fini ma soirée d'anniversaire. Element notable: que des dudes en polo ou t-shirts couleurs vives avec ces bermudas ou pantalons beige affreux. Beaucoup trop de casquettes et de big guys américains. Big guys américains: pas "gros" mais "regular american size", grand et costaud quoi. Pas forcément musclé mais large, imposant. Vous ai-je déjà dit que les grands mecs fins sont une vraie minorité ici? Bon pour les iutiens qui voudraient une vraie comparaison, disons que les Hervé sont une race en disparition tandis que les Mathieu sont les hot guys du lieu. C'est simple non ? Et puis Innisfree, c'est aussi le bar des frat', des mecs issus des Fraternités, ces fils de riches qui vivent dans des belles maisons, font la fête et se prennent pour les rois du monde, ou du moins pour l'espèce supérieure du campus. L'ambiance n'en est cependant pour le moins pas déplaisante, mais pour y avoir débarqué le soir de mes 21 ans avec Warren et me rendre compte qu'il était le SEUL mec black du lieu, c'est tout de même déroutant. J'y suis retourné une deuxième fois avec Daniel, ses potes, Alex et Gabriele... mais pour y retrouver Jessica, Drew et leurs potes, ainsi que John et ses potes. Le monde est petit.

Little Willies. THE best place in town, à mon sens. Un bar plus cosy, avec la musique trop forte encore une fois mais c'est du jazz, donc c'est supportable - si tant est que le son ne sature pas, ce qui était parfois le cas la fois où je m'y suis rendu. Le jeudi soir, 3 dollars de "cover" (l'entrée) et ensuite les bouteilles de vin sont à moitié prix. Et croyez-moi, trouvez un bar qui ne serve pas que de la bière, c'est difficile. Et... j'aime PAS la bière. Le soir où nous y sommes allés, j'avais réussi un coup de maître dans l'organisation, puisque j'avais réussi à rassembler Alex, Gabriele, Gavin (qui servait aussi de chauffeur), Alex, un pote qui bosse avec moi à la télé, et Jessica. Et sur place, j'ai eu droit à un "hug" de Dave, qui bosse aussi à la télé et qui se trouvait là avec girlfriend&co. 
Le tout sur les coups de 23h et jusqu'à deux heures du mat'. Sans rien payer, puisque Gavin m'a offert la "cover" et a payé la première bouteille de vin. Une bien agréable soirée.

1831. Downtown aussi. Le chiffre correspond à l'année de création de l'université. C'est un bar étroit, avec peu de tables et un comptoir, d'apparence un peu plus routière et crados que les deux précédents. J'y ai rencontré ceux que les Américains appelles des "red necks" (nous on dirait classe popu un peu casos). Le seul atout de ce bar, c'est q ue mon pote John y chante.... et il chante bien, mais à part ça, euh... on repassera pour le lieu.

Tammerson's pub. Situé à côté du précédent, d'ailleurs j'ai fait les deux dans la même soirée. L'un c'était pour aller voir John jouer, l'autre pour échapper aux casos du précédent et aller discuter ciné avec Vince, avenir avec Drew et siroter une vodka-orange avec Jessica. Vaste pub assez sombre avec billards et mini-scènes pour concert. Ne pas oublier de prendre sa veste pour quand on est à l'INTERIEUR. Hé oui, l'été est de retour et avec lui, mon combat contre la clim.

 








Downtown pub.
Comme son nom l'indique, il est aussi downtown. Grand, plutôt très peuplé et pas seulement d'étudiants, avec billards, télés, et ambiance sonore un peu trop forte. Les bières sont pas chères, mes compagnons de sortie sont donc généralement enchantés de cet endroit. Moi je n'aime pas.
Nous y étions mardi dernier. Alex et Gabriele avaient assisté à la projection de documentaires réalisés par des étudiants avec Daniel (non mais les loulous européens, dites moi si vous avez besoin d'amis, hein, je vous présenterai les miens!) tandis que je couvrais la-dite projection pour la télé locale avec l'autre Alex. On s'est ensuite tous retrouvés dans ce pub, avec les équipes étudiantes des documentaires. Et un troisième pote Alex, était là aussi. C'était bien jusqu'à ce que je sois fatiguée de regarder les autres boire de la bière tandis que mon lit me manquait... Daniel étant à mon sens trop bourré pour conduire, je me suis faite ramenée par mon amie Ginger, retrouvée sur place.
  

Oui, comme vous voyez, Tuscaloosa est PETIT donc c'est comme d'aller à Carrouf à Anglet: on y croise tout le temps quelqu'un que l'on connaît.

Par lili
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Vendredi 24 avril 2009

LE GOÛT DU CRICKET

MOBILE, Alabama.

C'était il y a deux semaines: Pâques, son chocolat, ses cloches... enfin non, pas ses cloches d'ailleurs, son lapin! Car en Amérique, ce ne sont pas les cloches qui apportent les oeufs, mais Easter Bunny (traduction toute simple: lapin de Pâques). Tant qu'on y est, autant vous dire aussi que ce n'est pas la petite souris qui s'occupent des dents des enfants, ce sont des fées. Et rappelez-vous les cours d'anglais, le coq ne fait pas cocorico mais kokeeri kedoooo, et les vaches ne font pas meuh mais un autre son, beaucoup moins drôle que notre diphtongue si l'on en croit les américains. Aïe cette introduction ressemble à Lisa à la ferme, ce n'était pourtant pas le sujet. J'aborderai les crickets un peu plus tard. Reprenons.

Il y a deux semaines donc, c'était Pâques, nous n'avions pas cours le Vendredi Saint et Leslie et moi avons donc été, sur son invitation, passé le weekend de Pâques à Mobile, Alabama. Sur la côte. Là où est potentiellement prévue une usine Airbus. Certainement un des plus jolis endroits de l'Alabama.

Le downtown, très southern style, ressemble un peu à la Nouvelle-Orléans, un peu à Memphis. Mobile a d'abord été fondée par des français d'ailleurs -- ce qui explique la ressemblance avec la Nouvelle-Orléans. Je le sais parce que Mark, le papa de Jessica, nous a fait nous arrêter à toutes les plaques commémoratives indiquant le passage d'un français.

Ce fut donc un weekend tout doux, familial même! Quatuor insolite: Mark le papa, bourlingueur, qui travaille dans une compagnie marine mais je n'ai pas bien compris ce qu'il y fait exactement. Jessica, toujours aussi douce, agréable, rigolote. Et Maggie, le chien, ou espèce de caniche à tête écrasée, plutôt mignonne et pas trop encombrante, si l'on excepte le fait que je n'aime pas les chiens de base, qu'elle grogne dès qu'une porte bouge, et qu'il y a un risque qu'elle aille pisser sur votre lit si jamais elle s'avérait avoir qqch à vous reprocher. Mais Maggie a ses épouvantails à elle: ce sont les balais. Chaque nuit et en cas d'absence, il faut mettre un balai devant la porte de la chambre fermée, et Maggie ne viendra pas. Ouf, rassurées.

Pour faire un résumé simple de ces trois jours : parties jeudi vers 16h dans une voiture pleine à craquer -- à croire que Jessica déménageait -- nous sommes arrivées vers 19h30 chez elle. Ce fut "pizzas" au dîner et à la vérité, mes premières vraies pizzas américaines, avec la pâte épaisse comme j'aime ; j'étais affamée, cela était donc parfait. Leslie et moi partagions la chambre, et avec Jessica, nous avions tout le rez-de-chaussée pour nous. Le papa est à l'étage.

Le lendemain matin, Mark nous concocte un vrai petit déjà américain: blueberry pancakes avec sirop d'érable et bacon grillés. Vu mon affection pour les breakfasts en général, ceux sucrés-salés anglais en particulier, je dois reconnaître que la version américaine est un délice, tout simplement. Et en extérieur, dans le jardin de derrière "the back yard" en plus. Joli matin.

Nous sommes ensuite allées à Orange Beach et Gulf Shore nous balader. Nous avons fait quelques boutiques, et ensuite nous avons marché le long des plages de sable très blanc. C'était l'Atlantique mais de l'autre côté. Jessica nous a ensuite amenées dans un bar-resto ambiance surf "The Hang Out" (littéralement: "là où on traîne") où nous avons eu du typiquement "southern dish": cornichons géants frits en apéro (fried pickles), et soupe et coleslaw.

Nous sommes rentrés vers 16h30 à Mobile, et après une balade dans la voisinnage pour faire prendre l'air à Maggie, nous nous sommes bus un café dans le jardin. Comme les Américains du sud dînent TÔT, Leslie et moi nous sommes pliées aux traditions locales, et à 18h30, nous sortions dans le downtown. Mark nous a toutes invitées chez Mikael, un ami d'enfance restaurateur. Menu complet: salade de poire, noix et bleu en entrée. Raviolis aux champignons en plat. Et alors que je refusais déjà le dessert, un cheesecake coulis de fruits rouges s'est présenté. Le problème du cheesecake, c'est que c'est tout à fait immangeable en dessert vu que c'est aussi riche que trois déjeuners. M'enfin, à trois, nous l'avons tout de même assez bien entamé.
Et c'est dans ce petit bistrot discret, après avoir pris commande mais avant les entrées, que nous avons eu une découverte culinaire venue du Mexique (les patrons en avaient ramené de leurs récentes vacances) pour le moins insolite en guise d'apéritif: des petites formes noires, fines et allongées... des CRIQUETS! Mark n'a même pas détesté ces protéines; Leslie n'a pas voulu y toucher; Jessica et moi avons fait "à trois, un-deux-trois" avalés! Verdict: goût poivré et légèrement fumé... je suis prête pour Koh Lanta. J'ai mangé un criquet.

Nous nous sommes baladés dans les rues ensuite, toutes éclairées qu'elles étaient pour une "nuit artistique" avec des expositions ouvertes en nocturne (enfin gentil le nocturne, 21hOO tout est fini!). Mark nous a ensuite ramenées, il était fatigué. Mais Jessica, Leslie et moi avons d'abord continué la soirée sous le porche, buvant un verre de vin rouge en discutant sur la balancelle (tellement cliché la balancelle sous le porche mais tellement bien!!) puis sommes repartis en centre-ville. Nous avons repris un peu de vin en terrasse, avec John, un pote de Tuscaloosa natif de Mobile, et son ami Daniel. Agréable soirée!

Le samedi, pas de pancakes mais qu'à cela ne tienne: Jessica part en expédition nous chercher des beignets tout chauds, dans la bonne lignée du Café du Monde de la Nouvelle-Orléans. Histoire de commencer la journée de manière caloriquement satisfaisante, n'est-ce pas.

Nous consacrons les heures suivantes à la visite du Bellingrath Garden, un vaste jardin botanique dans un beau domaine -- anciennement la propriété privée de deux collectionneurs. Et comme dans les légendes, pas d'héritiers, donc don à la ville et tout le monde il y en profite ! Le temps était magnifique et encore une fois, Mark nous a sorti la totale (entendu du point de vue du portefeuille) : nous avons aussi droit à la promenade en bateau de quarante-cinq minutes, avec possibilité de nourrir les mouettes et optionnellement d'écouter le commentaire sur l'histoire du lieu (mais c'est moins fun que de nourrir les zoizeaux, n'est-ce pas?).

Réflexion de Leslie faite quelque temps plus tard: "pourquoi dit-on bavard comme une pie? c'est plutôt bavard comme une mouette qu'il faudrait dire!"

Quand nous sommes rentrés, nous avons retrouvé nos presques-habitudes: la balade avec Maggie puis la langueur douce et printanière sur la balancelle du porche. Jessica et Mark nous ont sorti l'apéro : vin blanc, saumon et brie sur petits crackers. Le bonheur apéritoire à l'américaine. Nous étions bien!



Bon le dîner qui a suivi a d'abord suscité une grimace chez moi: il y avait des couverts de fête, des odeurs élaborées mais... des artichauts en entrée ! Et ça non, même avec les meilleurs efforts du monde, je ne peux pas.
C'était un mal pour un bien cependant car ce qui suivait était de taille: un petit poulet CHACUN avec asperges et carottes. Et OUI j'ai mangé les asperges, et sans grimace aucune (j'avais déjà grillé mon joker sur l'artichaut, j'allais pas en plus faire la fine bouche sur les asperges!). C'était fin et très bon.

Pour le dessert, Jessica nous a emmenées dans une ice-cream factory. Puis dans un coffee-shop. Consommations comprises à chaque fois, je crois que mon estomac s'est détendu de façon alarmante ce weekend-là. Puis downtown. Où ce fut toute une histoire pour guider Jessica dans la douloureuse et laborieuse tentative de faire un créneau. Mais la voiture, le trottoir, les voitures déjà garées, les passagers et la conductrice se portent bien mesdames messieurs. Il y a donc de l'espoir pour les femmes américaines au volant. Après un verre de vin et une petite marche dans la rue, nous sommes rentrés, Leslie ne pouvant pas entrer dans le bar où nous attendaient pourtant John et ses amis. Je crois que nous avions cependant toutes un peu la flemme de sortir. Notre soirée entre filles était tout aussi bien.

Easter Bunny est passé le dimanche : chacune avait un panier de chocolats derrière sa porte, et même que Maggie n'avait pas encore eu le temps de venir les renifler! La spécialité petit-déjeuner du jour fut: le gritz! Typiquement southern, même que ma coloc Courtney en fait, les rares fois où elle décide de dégueulasser la cuisine. Donc le gritz, c'est une espèce de semoule collante sans trop de gout, avec un oeuf dedans et du parmesan. Et des "biscuits", sorte de mini-brioches au cornbread l'accompagne. Nous étions donc parés ensuite pour... la messe de Pâques. Expérience: les gens ne s'habillent pas mieux pour un mariage, c'est certain! Les grands chapeaux, les robes colorés et les costumes étaient de sortie. Je suis sûre que Marc, en costume rayé blanc,  était très fier de se balader ainsi avec trois jeunes nanas toutes assez distinguées. Bon on passera sur l'état de mes talons et sur le fait que ni Leslie ni moi n'avions vraiment prévu qqch d'aussi classe que la population locale ah ah. Sur la messe en elle-même, rien de très novateur, un long sermon, un joli chant d'enfants avec lâcher de papillons à la fin et une cérémonie somme toute assez proche des offices catholiques (nous étions chez les protestants Methodists).

Nous sommes ensuite rentrés nous changer, avons chargé la voiture... Puis sommes allées passer le déjeuner chez la tante de Jessica. Il y avait toute la famille, et un grand buffet de bouffe homemade et southern. Même que prévenue de mes addictions américaines, la tante avait fait double ration de cornbread (je suis repartie avec les restes d'ailleurs!). Les ados ont aussi caché les oeufs dans le jardin, les petits les ont cherchés. Un des oeufs contenait un billet de cinq dollars et il était tout doré. Il fallait voir la fierté du gamin qui a déniché ledit oeuf d'or.

Quelque temps plus tard, nous partions, la pluie nous accueillant à notre retour à Tuscaloosa.



VOUS AVEZ DIT FOUTRAQUE ?

Nouvelle-Orléans, Louisiane.

C'était le weekend dernier. Récit en vrac et en bref, car ces trois jours (j'ai séché les cours du vendredi) ne me laissent pas un bon souvenir : nous étions Leslie, Loic, Alex et moi. Voiture louée. Attentes différentes, clash des caractères, exaspérations, crispations des énergies. Ce fut pénible.

Mais quelques plaisirs: nous étions, Leslie et moi, logées chez Kathleen, la cinquantaine passée. Je l'avais rencontrée une seule fois, dans la navette de l'aéroport de Washington DC ! En contact par mail depuis, Leslie et moi avons joué les aventurières SDF et sommes allées poser bagages chez elle pour deux nuits. Les mecs, eux, étaient chez un ami d'Alex.
Papotages de filles, petit foyer choyé, jogging du samedi matin le long du Mississippi. Un accueil parfaitement chaleureux!



La ville est toujours aussi colorée, vive et charmante. Les beignets du Café du Monde sont toujours aussi gourmands, les pâtisseries et quiches du Croissant d'Or, la boulangerie française, toujours aussi délicieux. En nous asseyant là-bas en fin de matinée dimanche, je tique quand j'entends une mélodie singulière... le jingle d'Auchan ! Je force l'écoute, Leslie de même: ils diffusaient Chérie FM! Incroyable.

En nous promenant dans la ville surpeuplée de partout samedi (c'était French Quarter Festival avec musique dans les rues), nous tombons par hasard sur Ian, avec qui nous étions sortis la première fois! Heureuse coïncidence, d'autant plus quand on sait que finalement, nous n'avons pas pu nous re-rejoindre pour aller tous ensemble boire un verre.

NOTE: Impossible jusqu'à présent de mettre en ligne les petites vidéos et les autres photos... mais j'y travaille !

Par lili
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Mardi 31 mars 2009

[titre en référence à la chanson "Sur le Pont de Brooklyn" composée par Alex Beaupain dans la B.O du film Les Chansons d'amour, de Christophe Honoré... qui se passe à Paris, mais bref...]

Parfois, mon année américaine relève du pur conte de fées... ou du pur mélo hollywoodien, si on veut une cohérence géographique. Parce qu'après les longues heures à travailler les devoirs à rendre, les tempêtes, les fortes pluies, les fantômes et autres souris de cuisine (oui c'est la nouvelle tendance du dorm en ce début de printemps: a mouse in the kitchen! après les cafards, c'est sûr, ça manquait!), mon Spring Break s'est tout à coup transformé en émerveillement continu, que dis-je en extase ininterrompue: New York, me revoilà !

Mercredi 18 mars. Soleil timide en Alabama à 7h20, Alan l'agent immobilier converse plaisamment de la situation économique et de mes projets d'avenir (euh??) tandis que nous roulons vers l'aéroport de Birmingham. Une fois là-bas, pleine de bonne volonté, je prends le temps d'étudier cinq verbes d'arabe, pas les plus utiles, mais enfin, c'est toujours ça de fait, et j'attends. Comme d'habitude dans un aéroport américain, les vols sont retardés, décalés, et je me vois déjà louper la correspondance à Charlotte, étant donné le fait que les gens du vol précédent ont embarqués à l'heure de mon propre vol et que nous sommes sommés d'attendre le prochain vol. Gloups, restons calme, et puis j'ai encore 25 verbes d'arabe à assimiler, alors bon. Finalement, appel au micro: il reste finalement quelques places sur un autre vol pour Charlotte, les quinze premiers qui se présentent au guichet - ou plus précisément, qui le prennent d'assaut - pourront accéder à l'avion. Dans ces cas-là, je suis d'une célérité redoutable. Et hop, me voici dans l'avion.

Ainsi la correspondance à Charlotte, je l'ai eue sans problème, et j'ai même pris le temps d'aller me chercher un bagel au déjeuner : la vie est belle !

Avec un peu de retard, Newark se profile sur les coups de 17h... ah le retour dans cet aéroport aurait presque des allures de retour à la maison. L'airtrain, la navette à 15 dollars, et le tout de jour cette fois ! L'air citadin, enfin, après plus de deux mois de Tuscaloose (un record), je commençais à sentir le renfermé.

Arrivée à PennStation, ma petite-valise-meilleure-amie de mon Winter Break suivant dans mon ombre, je me fais une petite balade vers la 6ème avenue, avance les yeux levés, regarde émerveillée les gens pressés... Vraiment, on sous-estime le caractère aliénant d'une vie concentrée sur un campus de Ploucland. En attendant Leslie, j'ai le temps de me poser à Borders (l'équivalent de Barnes & Nobles... la Fnac, quoi!) et de potasser sérieusement le Guide du Routard. Quand ma tuscaloosienne échappée de l'Alabama arrive de San Francisco et de l'aéroport JFK, il fait nuit, et je dois faire le tour complet de Penn Station pour aller la récupérer. Un coup de métro plus tard, quelques longues tergiversations entre 96th, 95th et 94th street West -- "mais elle est cachée où l'auberge?" -- nous arrivons enfin au Candy Hostel, et rencontrons le personnel pakistanais aimable comme une porte de prison. Il en faut plus pour me décourager: je me branche sur 3615Mylife pour leur raconter qu'il va nous falloir dormir à l'aéroport le dernier soir et que c'est pour ça que le nombre de nuits réservées semble en désaccord avec la date de départ, que ah bon, c'est vous qui gardez les clés en journée, et réservation à mon nom "di-i-L-eï-edj-eï-aï-s" (phonétiquement ça donne ça, oui). Trois étages plus tard, nous sommes chez nous, dans une sommaire chambre n°324 avec un grand lit, une fenêtre, une télé (que nous n'avons même pas essayé!) et un mini-placard. La première inspection des deux mini-salles de bain laisse à désirer, tant sur l'odeur que sur le visuel... Mais nous avons été fourni en petit savons de la marque "Lisa". C'est un signe: nous sommes au bon endroit, tout va bien se passer,  nous ne choperons pas de verrues.
... je me suis tout de même posée longuement la question de savoir s'ils faisaient faire des étiquettes à savon exprès fonction du nom de réservation. On peut toujours rêver que les auberges de jeunesse ait ce genre d'attention, n on ?

Affamées toutes les deux, nous ressortons dans le quartier pour trouver à dîner. Ce sera le Saïgon, restaurant viet cosy, peuplé, très bon rapport qualité/prix et indiqué dans le Routard. Que demander de plus ?

Ensuite, je décide d'un baptême new-yorkais pour Leslie par une virée à Times Square, où nous sommes en quelques stations (directes) de métro. Lumières, écrans géants, touristes, et même pas froid ! Yeux de petites filles émerveillées pour nous deux... on s'est baladées la tête en l'air jusqu'à 23h30. Réveillée depuis 5h45 ce matin-là (oui je suis longue à me préparer le matin!), la journée avait été suffisamment longue.


Jeudi 19 mars. Ce qui est bien avec Leslie, c'est que comme moi, elle est plutôt lève-tôt. Quand le réveil à 6h45 a sonné, elle était déjà réveillée. Nous sommes parties dans le quartier à la recherche d'un petit-déj' (non fourni par l'auberge). C'est presque rageant de comparer New York à cette affectueuse "T-Town": à croire que toutes les bakeries et cafés ont été concentrées dans quelques villes des USA quand à Tuscaloosa, on ne trouve rien de tout cela ! Donc après plusieurs comparaisons de prix entre Pain Quotidien, Café Lalo (message privé: oui Agathe, il y a un Café Lalo à New York et je suis sûre que Charlotte l'ignorait), ou basiques Starbucks, on s'est posées au Café Eighty-Two pour un bagel ou muffin blueberry toasté, selon les goûts. Clientèle d'habitués, personnel mexicain, patron italien au look de Don Diego de la Vega, ravi de venir voir toutes les cinq minutes si on allait bien et de nous parler quelques mots en français. Très quartier, très bien pour notre matin.

Armée de l'arme utile des touristes, le Guide du Routard, de la carte de métro conservée depuis le premier voyage, je nous organise la suite... Leslie, partie seule en début de semaine, avait du planifier toute seule son voyage à San Francisco de A à Z; elle comptait donc un peu plus sur moi pour New York... ce qui me convenait parfaitement, malgré mes premières craintes de devoir comprendre le métro random (sachant que la première fois, je suivais aveuglément Charlotte et Charlène dans les entrailles de la bête souterraine).

Nous sommes tout de même arrivées sans encombre à Battery Park pour une viste dans les règles de la Statue de la Liberté, et cette fois enfin, du musée d'Ellis Island. Nous avons eu le froid et la pluie, mais heureusement en intérieur, c'est pas trop gênant. C'était intéressant, et nous avons prolongé le plaisir des lieux par un veggie wrap à la cafét' d'Ellis Island.

Courageuses quand la pluie a plus ou moins stoppé, on est rentrées à Manhattan et avons flâné dans Wall Street, non sans avoir dégusté avant au Starbucks du coin une tarte aux cerises achetée sur un étal près du fameux bull.



Histoire de faire rimer money du quartier financier avec money dépensée, nous sommes ensuite allées sur la Cinquième Avenue pour nous faire l'Apple Store, F.A.O Schwartz (le grand magasin de jouets), Abercrombie, Disney Store, Zara, etc. On est descendues jusqu'à la Saint Patrick's church, le Rockfeller Center. On a ensuite marchées jusqu'à l'Empire State Building que Leslie a renoncé à monter (moi il n'en était pas question, la merveilleuse première fois étant encore fraîche dans ma mémoire), on est entrées dans Macy's...

L'heure du dîner approchant, on a repris le métro pour Chinatown. Je rêvais de dim sun, spécialités new-yorkaises de raviolis chinois, mais finalement, nous avons pris des plats plus basiques dans une sorte de cantine conviviale et peu chère. D'ailleurs, on s'est rendues compte après coup que le resto était noté dans le guide du Routard. Conseillé par ce dernier, on a ensuite déniché ZE chinese ice cream factory, où pour 3 dollars, on peut avoir des glaces en cup ou en cône d'un absolu délice. Nous y avons rencontré une équipe de vieux du Massachussets que ça a fait bien rigoler de nous savoir en Alabama le reste du temps. Comme quoi, y'a pas que moi qui dénote quelque chose de plouquerie dans la région de Forrest Gump. Nous avons poussé le vice par une seconde virée sur Times Square puis, les pieds en compote, sommes rentrés à l'auberge vers 23h30.


Vendredi 20 mars.
 Heureuse surprise au lever du deuxième jour: il neige ! Et puis pas qu'un peu, de gros flocons comme il se doit, collants, fro ids et aveuglants ! Ca tombe bien, on avait décidé la veille de pas aller bien loin pour le petit-déj: le Mcdo du coin ! NON ce n'est pas une honte, c'était une envie de ma part d'enfin goûter les Parfaits de Mcdo, leurs yaourts avec morceaux de fruits et granola, dont Leslie est fan. Et ben c'était très bon. Et l'ambiance du Mcdo à l'angle de Broadway et de la 96th Street, à 7h30 du matin (oui mesdames messieurs, on rentabilise le temps new yorkais), ça a quelque chose d'authentique d'assez agréable. Les clodos du coin, les enfants avec leurs cartables sur le dos, et les touristes allemandes qui papotent. En plus le café est gratuit avec tout achat entre 6 et 9 am. Si c'est pas la belle vie.

Pour rejoindre une station de métro qui nous conduirait au plus près des Nations Unis, nous avions choisi de traverser d'Ouest en Est Central Park, tout près. Sous la neige, donc. N'est-ce pas le rêve, de voir Central Park sous la neige ? N'est-ce pas mythique ? Réponse: double oui... Mais c'est bien froid aussi.

Juste avant ça, un arrêt "recherche de parapluie" pour Leslie s'est transformé en achat de M&M's peanut et M&M's peanut butter hihi. On a bien fait: on aurait pas eu besoin du parapluie tandis que les M&M's nous ont pleinement satisfaites.

Arrivées toutes enneigées dans l'Upper East Side, on se trouve un métro... et je nous fais nous arrêter à Grand Central Station, juste histoire de la jolie visite, avant que nous ne nous dirigions vers les Nations Unies.
Visite intéressante avec un guide suédois sympathique qui nous aime bien, si l'on en juge par les sourires bienveillants qu'ils nous adressent à chaque fois que l'une d'entre nous est la dernière, photo obligent, à rejoindre le groupe. Non parce que sinon, on déconne pas à l''ONU et la visite se fait légèrement au pas de course. Mais c'est intéressant. Et puis moi, je suis quand même une fan incontestée de Kofi Annan. D'ailleurs, je verrais bien un film sur sa vie où il serait joué par Morgan Freeman... mais c'est con, personne ne m'a encore contacté pour le scénario.
Première tentative frenchy de négocier le prix d'entrée: des réduc' étudiantes sont autorisées seulement sur présentation de la carte étudiante valide. Leslie et moi, tout à notre envie d'oublier la Tuscaloose, avons laissé les nôtres à l'auberge. Sur une idée de Leslie, nous sortons au guichetier rien de moins que notre très officiel et très sérieux I-20, le document hyper crucial qui va avec notre passeport et qui assure notre légalité en territoire européen. Et hop, quatre dollars de réduc".

Une bonne heure plus tard, nous sommes ressorties et il ne neige plus. On se balade autour des Tudor Buildings pas loin, du Chrysler Building assez près... et on reprend le métro pour Colombus Circle, juste histoire d'avoir un vrai repas au Whole Food. C'est simple, depuis ma première fois là-bas pour Thanksgiving sur les conseils d'une Charlotte inspirée, j'ai cherché un Whole Food partout où je suis passée. Sans en trouver la partie cafét' équivalente.

Le soleil s'était bien levé, il faisait un temps idéal pour une balade dans les quartiers. Découverte tant pour moi que pour Leslie, ce sera SoHo, ses boutiques chics, ses marques américaines, ses cafés, son Apple Store et ses vendeurs à étals sur le trottoir. Atmosphère très sympa, différente de l'agitation de la Cinquième Avenue, un peu plus européenne peut-être. Les lieux sont jolis, les tentations shopping nombreuses. D'ailleurs, on s'est prises au jeu:
Leslie a trouvé une petite trousse à L'Occitane qui lui plaisait. La vendeuse lui dit d'abord que c'est à 3 dollars, mais finalement, le passage en caisse révèle que c'est 6, désolée dit la vendeuse, la promo a expiré, je savais pas. Leslie est embêtée, hésite. Ne prendra pas, est déçue...
"Dis lui que tu le prends à 5, tu n'as que ça !" je lui glisse en français. Banco, gagné !

Un peu plus tard, devant le magasin Lucky Brand, ma tentation fashion absolue cette saison, je me console de leurs prix inimaginables en tombant sur une écharpe qui me plaît sur l'étal d'un vendeur indien ou mexicain. Le bonnet assorti, je le prendrais bien aussi. Et Leslie, elle prendrait bien aussi une écharpe... "On négocie ?" me demande-t-elle en français. J'opine. "Les trois pour 20 dollars!" (au lieu de 24 dollars, c'est honnête) je propose. Regard suspicieux de l'indien-mexicain qui m'a vu essayé tous les bonnets de son étal. Puis ok, gagné !

Nous avons célébré ça par une pause Starbucks. Et comme j'étais (enfin, après 7 mois américains) sur ma lancée shopping-plaisir, j'ai traîné Leslie dans l'Apple Store de SoHo pour me faire mon cadeau d'anniversaire: un Ipod shuffle, pour récompenser mes exploits de course à pied (inimaginables il y a quelques mois et sans les running shoes reçues à Noel, on est bien d'accord) et pallier le manque de mp3 en transport en commun... ou devrais-je dire en avion, puisqu'ici, il n'y a bien que ce type de transport qui serait susceptible d'être concerné. Je l'ai pris vert (l'Ipod, pas l'avion), assorti à l'écharpe et au bonnet. Je n'ai pas négocié, on se doute bien (à l'Apple Store ouais, bizarrement, j'ai pas tenté) mais le vendeur qui s'occupait de mon cas m'avait fait remarqué que nous avions la même cicatrice au sourcil. Ils en ont des tactiques pour aguicher le client, je vous le dis moi. Enfin je l'ai pris comme un signe (après les savons de la marque Lisa, qui osera dire que ce voyage n'était pas sous de bons auspices?).

Après Soho, Leslie et moi avons marché jusqu'à Greenwich village. Bon, si je nous ai tout le temps bien guidées dans les métros, j'avais un peu plus de mal avec le sens des rues et il est arrivé plusieurs fois qu'après deux blocs et avoir tourné la carte dans tous les sens, je dise: "euh non, c'était de l'autre côté". Donc autant dire que nous avons BEAUCOUP marché, et à pas rapide, s'il vous plaît ! Ce qui me connaisse n'auront pas de mal à imaginer que de base, je ne traîne pas... et bien ajoutez Leslie qui est encore plus rapide, et vous comprendrez le secret de nos mollets en béton. A Greenwich, nous avons traînassé dans la jolie boutique de fromages, nous avons admiré les bakeries aux milles et unes merveilles de patisserie, pris des photos devant les jolies maisons, et même donné à manger à un écureil !
C'était un rêve depuis que je suis aux USA et que j'en croise dix par jour sur le Quad de Tuscaloosa, je l'ai fait: tactique ? un appel d'offre d'abord, en lançant un morceau non loin,  puis ensuite je tends délicatement la main avec le reste de la noisette... et l'animal vient y grapiller nonchalamment. Une noisette ? Pardon, une cacahuète en réalité, et pas n'importe laquelle, verte elle aussi: il s'agissait d'un des derniers M&M's de Leslie... (ouais moi j'avais fini mon paquet depuis la visite de l'ONU mais la parcimonie sur ces trucs-là, je connais pas trop).

Toujours à pied, après un grand tour de Greenwich, nous avons rejoint Broadway, que nous avons remonté jusqu'à Union Square. On ne sentait plus nos pieds, quelques part souffrants le martyr au fond de nos bottes (à talons). On s'est posées une bonne heure dans les rayons de l'immense librairie "Strand" (ils disent en pub 18 miles de bouquins et je les crois; c'est le Gibert Jeune new-yorkais). Nous attendions, en fait, de nous organiser avec Albane, iutienne elle-aussi en année au Colorado, en Spring Break à New York avec son amoureux venu spécialement. En les attendant, nous avons eu le temps d'aller dîner... au Whole Food d'Union Square (cette fois ce n'était pas prémédité, je ne savais pas qu'il y en avait un là!).

La soirée s'est donc terminée dans un resto/bar mexicain pas loin du nom de Havana Café (quelle originalité!) avec Albane et Joel. Eux y ont dîné aussi. Papotages sympathiques. La fatigue me faisait perdre la vue, je voyais flou derrière mes lentilles, mais j'ai tout de même réussi à retrouver les correspondances de métro et à nous faire nous rentrer vers minuit.

Samedi 21 mars. Cela commençant à devenir une habitude, nous sortons tôt (vers 7h40) pour aller nous prendre notre petit-déj' au niveau de la 83th St. si je me souviens bien... L'envie du jour ? Un bagel. Nous nous sommes donc installées dans la partie bistrot-café du Zabar's, une célèbre épicerie fine du quartier. Il y avait plein de petits vieux qui lisaient le journal ou discutaient, et des travailleurs grignotant avant d'embaucher. Il faisait grand soleil, ce qui était idéal pour le programme du matin: une grande promenade dans Central Park. Magique.



Nous sommes descendues jusqu'à Colombus Circle où nous avons pris le métro et rejoint le quartier Chelsea, que je n'avais pas fait non plus la première fois. Là, un vieil entrpôt a été re-designé pour en faire un marché couvert assez sympathique où nous avons satisfait des envies culinaires de quiche, brownies de la marque Fat Witch ("grosse sorcière", nom évocateur du nombre de calories contenues dans ces gourmandises culpabilisatrices)  et autres tomates séchées (ces dernières, goûtées sur un petit cure-dent, resteront gravées dans ma mémoire tellement elles avaient vraiment bon goût).

Vers 14h, on quitte Chelsea en métro... et on se rend à Brooklyn. Après une balade tranquille sous les ponts, nous nous attaquons à la traversée. L'expérience est fabuleuse.

Arrivées à Manhattant nous refaisons le coin City Hall-Ground Zéro que nous avions passé un peu rapidement deux jours auparavant. Nos pieds sont quelque part dans les limbes des courbatures permanentes, nos cervicales aussi (chacune engrangeant appareil photo+guides+souvenirs+attirail de sac à main) dans un plus ou moins grand sac, et je suis en manque d'inspiration pour la suite. Je n'aime pas vraiment l'ambiance de Wall Street en fait, je ne m'y sens pas à l'aise... seraient-ce les fantômes du World Trade Center qui rôdent ? Toujours est-il que j'ai envie d'en bouger assez rapidement, mais pour aller où ?

Le coup d'oeil sur la carte du Routard nous fait remarquer que tiens, on n'a pas été se balader dans East Village. Qu'à cela ne tienne, c'est là que nous irons finir la journée. Après une pause thé-goûter au Starbucks d'Alstor Place, nous avons encore fait un tour assez complet de East Village, ses jolis façades cachées et ses rues plus touristiques (St Marks's street). Nous avons trouvé une petite crêperie assez french, qui proposait des crêpes à la crème de marron! mais comme il était encore un peu tôt pour manger, nous avons passé notre chemin...

Nos pas (et le métro) nous ont ramené une dernière fois sur Times Square, ses boutiques de souvenirs et son grand Toys'R'us. Avec, en guise de dîner, un vrai de vrai comme ça faisait très longtemps (la dernière fois à New York en fait) Menu Best Of Mcdo. Avec frites oui. Et burger. Et ben ça réconcilie avec la vie, parfois.

Ensuite, ce fut le début de la nuit blanche. C'est-à-dire, le retour à l'hôtel, la récupération des valises laissées dans des casiers fermés, l'impression des boarding pass, la pause au Mcdo du quartier pour prendre des yaourts pour le dessert que nous grignoterons un peu plus tard, la pause au 8 à 8 local pour des Kit Kat qui serveraient le même dessein, puis PennStation, l'achat de compotes, barres de céréales et boisson pour le petit-déj. Et l'attente. 

Peu avant minuit, la navette. Non contente de bien saisir le système des transports new yorkais désormais, je conseille même un américain sur son arrêt. C'est un peu la classe je dois dire. Ensuite, l'airtrain, le terminal de Newark et... la tentative de dormir dans un aéroport, qui revient à un échec assez fatal. Non, en vrai, j'ai dormi une heure. On avait cependant raté un truc avec Charlène la fois où on est restées coincées là-bas, il y a bien un truc d'ouvert: le Dunkin Donut. Peu importe d'ailleurs, car je n'y suis pas allée. 

Dimanche 22 mars. Après un petit-déj vers 3h30 du mat', l'attente, encore, puis le passage à la sécurité (un peu à l'aveuglette, car notre avion n'était même pas indiqué sur les tableaux de bord), puis l'embarquement vers 4h30. J'ai vaillament attendu le décollage... puis me suis profondément endormie jusqu'aux dix dernières minutes de vol.

À Charlotte (encore!), nous avons pris notre second petit-déj' vers 6h30 du mat'... Je dois dire que des nombreux aéroports testés, il reste mon préféré. Je le connais presque aussi bien que celui de Newark d'ailleurs; mais dans celui-ci, tout s'est toujours bien passé niveau correspondances et horaires de vol. J'ai vu sur les petites serviettes en papier qu'il nous file avec la boisson gratuite pendant le vol qu'une ligne Paris-Charlotte s'ouvrait à partir d'avril. Cool, comme ça je pourrais me faire des pèlerinages dans cet aéroport si un jour je m'embête. 
Nous avons enfin embarquées pour Birmingham. Là, c'est simple, je n'ai même pas senti le décollage. Heureusement qu'on était dans des avions et non des trains, on aurait certainement fini bien loin de notre destination, endormies comme nous étions.
Arrivée à Birmingham vers 8h08. En attendant un ami qui venait nous y chercher, on a eu tout loisir d'admirer le retour de Spring Break de la population locale: en sweat pants, shorts et casquettes, comme il se doit. Et beaucoup d'obèses aussi. Oui, nous étions vraiment de retour en Alabama. 
Par lili
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