Mardi 16 décembre 2008

Très beau titre, n'est-ce pas ? Ben c'est pourtant pour raconter des jours déprimants... Euh non c'est même pas vrai d'abord ! Bon allez, les dernières événements de ma vie alabamo-palpitante.

Donc WINTER BREAK, c'est après FINAL WEEK qui est elle-même après DEAD WEEK. Mais non ce n'est pas compliqué:
- Dead week = moins de devoirs normalement pour mieux préparer les exams. Tu parles, j'ai jamais été autant à la bourre sur mes compo/research papers et autres que cette semaine-là. Vous me direz, c'est peut-être à cause de Jacenta de Continental Airlines et des 24 extra heures passées à l'aéroport qui m'ont fait louper les cours.
- Final week = comme son nom ne l'indique pas mais le laisse entendre, pas de cours mais des exams. Suivant les classes prises en début de semestre, les students en ont plus ou moins. Avec Charlène, on a entendu une nana au Starbucks dire qu'elle avait seulement deux Finals, mais l'un le lundi matin à 8h, l'autre le vendredi soir à 19h... Pas de bol.
- Winter break = trois semaines de vacances, et tout ferme donc merci de dégager. Plus de cours, plus de cantoche, plus de bibliothèques, plus de bus donc si possible plus d'élèves. Donc merci de foutre le camp le samedi des vacances à 10h. Les responsables d'étage sont passés à 10h dans les chambres, mettant dehors ceux qui traînaient, et collant des feuilles "occupied" sur les portes des très rares élèves autorisés à rester. J'en ai de la chance dites donc d'avoir ma feuille de papier.

Un parking aussi vide que celui que j'ai sous la fenêtre, c'est inconcevable. Après Ploucland, me voici à Ghostcity. Ca change.

Mais heureseument que j'ai eu des perspectives sociologiques intéressantes pour égayer mes journées : dimanche après-midi, Rebecca ma roommate est venue me chercher. Parrish, Alabama, n°2.

1/ La voiture: j'étais à l'arrière de sa mini-coupée, avec Matthew son frère de 17 ans très rustre. Sa mère était devant. Or, pour aller à Parrish, Alabama, ça zigzague beaucoup. J'avais chaud, j'avais pas assez mangé, j'avais pas assez de place pour bouger, j'étais pas en super moral, ça puait dans la voiture et Rebecca roulait évidemment à l'américaine, donc très vite dans les virages: j'ai cru que jamais j'allais m'en tirer sans vomir. Je devais être jaune quand je suis finalement sortie de la voiture. Un cauchemar pendant une bonne heure.

2/La famille: outre le frère qui ne sait pas parler en anglais intelligible entre son accent et ses expressions d'adolescent de base, le père - sourd et très très dur à comprendre vu son accent du sud plus que prononcé - m'a redemandé pour la troisième fois (j'y ai droit à chaque fois qu'il me voit) si 'j'avais "any pets [animaux domestiques] at home?" Faut leur dire en chinois pour qu'ils comprennent ?!? NON et je ne voudrais d'ailleurs pour rien au monde de vos terriers écossais (comme la mascotte Chipie) qui puent comme c'est pas permis (dix fois pire qu'un certain caniche femelle noir - paix à son âme- aux meilleurs jours de son haleine). Et en plus j'avais cuisiné un clafoutis que j'ai à peine pu goûter vu la voracité du père, qui se coupe limite une part qui correspond à la moitié dudit dessert et le mange... beuuuurk je passe les détails. J'étais en face et c'était beurk.

3/ Les traditions locales: Rebecca m'a emmenée à la "baby shower" de l'une de ses amies. Mary-Joe, 20 ans, un petit garçon de 2 ans et demie, Alexander, enceinte de 8 mois d'une petite Zoé. Le baby-shower, c'est toutes les femmes de la maison et quelques amies qui se réunissent, mangent et offrent des cadeaux pour le bébé à venir (essentiellement des paquets de couche d'ailleurs), et prient en cercle ou écrivent des petites bénédictions. Alors moi aussi j'ai souhaité plein de jolis choses à la future Zoé. Mary-Joe est toute mignonne, toute fine, douce et agréable. Mais deux enfants à 20 ans, ça m'effraie. Sa soeur aînée, 23 ans, grande gueule et insupportable. Une plouc de base qui avait plein de grandes théories sur le pourquoi-je-suis-pas-devenu-manager-dans-mon-fast-food-de-merde, le ils-doivent-m'augmenter-je-fais-les-meilleurs-résultats-j'ai-plus-d'ancienneté-que-les-managers-eux-mêmes et autres clichés tristement ploucs. Absolument pas agréable sauf quand elle s'est essayé à pratiquer son français basique avec moi. Sa soeur Mary-Joe me dit à un moment: "Beaucoup de monde doit vouloir essayer de parler français avec toi." Moi: "Oui, c'est vrai qu'au début, les seuls personnes qui nous parlaient étaient des gens qui avaient envie d'apprendre le français". Aïe forcément, l'autre a cru qu'elle était visée et a pas arrêté de s'excuser ensuite de m'ennuyer. Ok, j'ai un peu manqué de tact. Mais enfin y'a pas marqué "translator pour ploucs".

4/ American dinner. Dans la famille le Rebecca, le diner est à 18h (après la prière of course). Prévoyant le coup j'avais très peu mangé et tôt dans la journée. Mais tout de même, j'avais "goûté" au "baby shower" une espèce de cake dégueulasse à la fraise qu'on m'avait servi. Un truc au gout de josacyne, l'horreur. Mais bon, chez Rebecca, au moins, c'était bon. Et je suis polie alors j'ai mangé de tout ce qu'on m'a servi : haricots verts, riz et poulets frits (fried chicken of course, spécialité locale), c'était plutot bon. Et en dessert, attention: patate douce (déjà, j'aime pas trop ça) avec une sorte de jus de canelle caramélisé et des chamallow fondus. Oui vous avez bien lu, bonjour le mélange. C'est trop sucré et écoeurant. Heureusement que mon clafoutis cuisiné le matin était délicieux.

5/ Christmas folie. Rebecca est légèrement obsédée par les décos de Noel, l'esprit de Noel, les cadeaux de Noel et tout ce qui a trait de près ou de loin au sujet. Donc en rentrant du baby shower par exemple, ça sentait bon la cuisine familiale, et de la musique country passait sur les chaines musicales (ici pas de radio pour avoir de la musique: on allume les chaines musicales à thème de la télé). J'aimais bien cet esprit de profonde amérique. Ben Rebecca, ni une ni deux, nous a mis la chaîne des chansons de Noel. Je précise qu'on y avait déjà eu droit tout le trajet dans la voiture (radio musicale à thème Noel). Et le soir, il a fallu que nous regardions un film de Noel qu'elle aime regarder tous les ans: les Gremlins. Et moi qui m'étais levée à 6h du mat... autant vous dire que c'était dur. Et avec le chien qui pue à côté et l'adolescent de base qui se pavane dès que je suis dans les parages, je vous assure que c'est épuisant.

Mais au moins, à manger tôt, la soirée a fini plus tot et à 22h, j'éteignais la lumière.

6/ Pour la rallumer à 6h le matin suivant. Direction: l'ancien lycée de Rebecca où je vais intervenir en classe de français. Rebecca n'a pas encore vraiment quitté le nid du lycée et elle adOre y retourner, dire bonjour aux profs et etc. Côté lycée, c'est comme dans les séries pour la déco. Casiers dans les couloirs, haut-parleurs qui donnent les news de la journée en début de classe, prière. Pour le cours de français, j'avais donc une prof très douce et très gentille avec moi, et des adolescents de niveau "première" en face de moi et en visio-conférence dans un autre lycée. Pas très bavards. Qui comprenait rien au français et trouvait que je parlais vite, quand même Rebecca trouvait que j'avais ralenti et simplifié vraiment beaucoup le débit. Ils sont vraiment nuls en langue. Mais c'était marrant à faire.

7/ Après ça nous avons fait les boutiques au Mall. Puis Rebecca a voulu déjeuner. Il était 10h30, HEUREUSEMENT que je n'avais rien pris au petit-déj', prévoyant bien le lunch à 11h. Ca n'a pas manqué et en plus elle m'a ramené à son resto chinois préféré que je trouve plutôt pas bon. Je me suis contenté du strict nécessaire (riz, légumes, fruits). En rentrant, Rebecca a taché de m'occuper avec des albums photos: je me suis fait TROIS lourds albums photos, et TOUS les yearbooks (les albums de lycée avec les photos de chaque promo) de sa scolarité. Je suis prête à devenir actrice, j'ai feint l'intérêt avec brio.
Puis elle m'a ramené, nous avons fait un peu les boutiques du Mall de Tuscaloosa cette fois, elle stoppait devant chaque figurine de pingouin en bonnet de Noel. Et j'ai beau avoir beaucoup d'affection, je me suis tout de même demandé plusieurs fois où j'étais tombé.

CHRISTMAS version AMERICAN.

Tout cela m'ammène à un autre sujet de la plus haute importance ici: Noël.

Il y a deux semaines, je répondais, avec Charlène, à l'invitation de l'association des Tuscaloosa International Friends, et me suis rendue à une réception entre 3 et 4:30 pm (sont marrants ces américains, ils indiquent toujours l'heure de fin de toutes leurs sauteries). Nous sommes donc allés admirer les décorations de Noel d'une bonne femme des beaux quartiers. Elle avait installé 27 sapins de Noël dans sa maison. Un dans chaque pièce - dans les toilettes aussi - et tous décorés différemment. Et ho pas des petits sapins, hein ! Des trucs qui ne rentreraient jamais au Busquet ni à Saint-Symphorien-cité U ! À l'étage, nous avions celui décorés avec des mini-Barbies (les mêmes filées en cadeau dans les Happy meals de Mcdo). Dans la cuisine, les immondes récipients de collection rose pastel avaient été remisés en bout d'étagère pour laisser place à des mini-figurines de Père Noël, bonhommes de neige et autres originalités. Je pense qu'il y avait au moins une cinquantaine de pères Noel dans cette baraque. Grand manoir magnifique au demeurant. En faisant un peu mon boulot de journaliste, j'ai grapillé de la maîtresse de maison en veste léopard qu'elle avait mis 6 semaines à tout préparer... Enfin, à laisser les gens qu'elle avait payé tout préparer. Elle s'était contenté de dessiner ce qu'elle voulait, elle. C'était ma première expérience du Noël côté Américain.

Histoire de parfaire ma culture, à Parrish, Rebecca m'a elle aussi sortie après dîner pour une balade en voiture à la découverte des maisons illuminées du voisinage. Alors il a fallu que je m'extasie : oh les lumières ! oh les poupées gonflables représentant bonhommes de neige, père noel, petit Jésus et autre disposées dans les jardins! ... Autant les lumières ont du charme, autant les trucs gonflables, c'est moche de chez moche. Et comme ils ne font rien sans excessivité, ce n'est généralement pas un seul bonhomme gonflable qu'ils installent, mais une quinzaine par jardin. Je serais plus jeune, je serais effrayée, moi, de ces monstres d'hélium qui sourient fixement. C'était la version pauvre des décorations de Noël à la sauce alabamienne.

J'ai aussi eu droit à mon safari photo spécial Noël dans les beaux quartiers de Tuscaloosa, cette fois, avec Alan et Caroline, un couple d'amis. Malheureusemement je n'avais pas mon appareil photo avec moi.
Mais la balade en voiture valait le coup d'oeil. Les manoirs des lotissements riches illuminés de kilomètres de guirlandes dans les arbres, les haies, sur la porte d'entrée et/ou la gouttière du toit, c'est assez magique. Certains innovent et les arbres se parent de petites lumières multicolores. Parfois un arbre vert, rouge, or et bleu se dessine dans la nuit noire; d'autres fois, ce sont des cerfs ou rennes de lumières qui dodelinent de la tête. Il y aussi des petites locomotives dont les jeux de lumière font croire que les roues tournent et la fumée s'échappent.
Une fois par an, les Américains jouent aux illuminations de Versailles et c'est absolument incroyable.
Et les curieux font des balades nocturnes en voiture pour admirer.
Nous nous sommes plus longuement arrêtés devant une grande maison dont le propriétaire avait tout bonnement transformé le jardin en exposition semi-permanente de figurines en tout genre, illuminations et poupées gonflables. Un Bonhomme de neige marquait l'entrée de l'allée privée, un père Noel en bordure de route remuait des fesses en chantant, et une petite église de bois de la taille d'un pneu de 4x4 avec des anges veillait aussi sur l'endroit. Et là je ne mentionne que le quart des décos. C'est digne d'Harry Potter leur Christmas. Un petit panneau prévenait : "Les enfants sont libres de déambuler dans le jardin. Tous les adultes doivent etre accompagnés d'un enfant".
Je vais essayer de récupérer des photos tant c'est unbelievable/ incroyable. Certains mettent des années à rassembler autant de trucs. Moi mon souci dans ces cas-là, c'est la dépense - gaspillage - d'énergie. Alan m'a rassuré: "Non ça ne reste pas allumé toute la nuit, mais jusqu'à ce que les gens aillent se coucher, vers 22h". Mouais. Quand on pense que la nuit tombe à 4:45 pm pour être précise (c'est l'éphéméride de Robert sur WVUA-tv qui le dit), cela donne tout de même plus de cinq heures de consommation d'électricité juste pour être plus remarquable que le voisin. Saint Nicolas Hulot, priez pour nous.

Par lili
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